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"Ambition pour des forêts vivantes" FNE-IDF

Mise à jour : 09 juillet 2024

L'état de santé des forêts en Ile-de-France se dégrade. Comme partout en France, les forêts sont grignotées par l'urbanisation et fragilisées par le changement climatique. Dans les forêts publiques franciliennes très fréquentées, la pression des coupes accentue encore plus leur vulnérabilité.

A l’initiative de France Nature Ile-de-France, les acteurs franciliens de la forêt ont été réunis en juin 2023 « Pour la survie des forêts franciliennes ». En mai 2024, le texte «Ambition pour des forêts vivantes » a été publié. 



Télécharger "Ambition pour des forêts vivantes en IDF"





 Les points forts de l’accord entre les associations et les professionnels de la forêt sont : 

Protéger les écosystèmes forestiers, améliorer leur fonctionnalité, diversifier les peuplements et les zones protégées pour la biodiversité, encourager une gestion adaptée aux évolutions des peuplements. 



  Les points à améliorer sont :


Augmenter les mesures de protection pour la biodiversité et la protection des sols [1]

Les associations rappellent que la gestion durable des forêts ne peut se limiter à des considérations économiques. D’autant plus que la valeur des arbres dépend de la qualité du sol, ainsi que de la biodiversité des végétaux, des insectes et des animaux. C’est pourquoi, la conservation de bois mort, le maintien des vieux bois,  la diversification des peuplements de gros bois, les micro-habitats et les îlots de sénescence, ainsi que les continuités écologiques sont essentiels.

Plus une forêt vieillit, plus elle capte de carbone et plus il y a de la biodiversité.



Diminuer la pression des coupes [2]

Il faut allonger les cycles d’exploitation au lieu de les raccourcir, et couper beaucoup moins car nos forêts sont trop jeunes pour résister au changement climatique.

Comme le suggère le code forestier (Art.L.122-2) dans les forêts à forte fréquentation,  la priorité est l'amélioration du cadre de vie de la population. Le taux d’exploitation des forêts à forte fréquentation, notamment celles de la petite couronne, doit rester inférieur à celui de la moyenne des forêts de l’hexagone (moyenne nationale 61% selon l'IGN 2010-2018).



Favoriser la libre évolution [3]

Une forêt en libre évolution favorise le développement d'une biodiversité riche, laquelle résiste mieux à l’accélération du changement climatique. En 2020, la Stratégie Nationale pour les Aires Protégées affichait comme objectif de placer 10% du territoire sous protection forte. Dans le contrat ONF-État 2021-2025, l’Office s'y est engagé. Il reste la moitié du chemin à faire.

Nous sommes favorables à la mise en place de zones intermédiaires entre la libre évolution et la SMCC : zones sans objectifs économiques dans la récolte du bois.



Trouver d'autres financements [4]

Les forêts urbaines jouent un rôle déterminant pour améliorer la résilience des villes aux effets du changement climatique. La contractualisation des services non marchands de la forêt permettrait de fournir plus de moyens financiers à l'ONF, lui permettant de couper moins de bois et de redevenir un acteur majeur au service de la forêt. Cela favoriserait une gestion durable et intégrée des eaux et forêts de cet écosystème, visant à assurer sa protection et sa conservation à long terme.



Parmi nos propositions

Voici l’"Ambition" pour toutes les forêts d’Ile-de-France quelles qu’elles soient : nos 10 mesures.

Voici notre Plaidoyer pour les forêts publiques d’Ile-de-France : Plaidoyer



green leaf tree during daytime



Pour en savoir plus 

[1] Le principe selon lequel la forêt doit être exploitée pour se régénérer était justifiée lorsque les conditions climatiques étaient favorables et la croissance des arbres plus rapide. Aujourd’hui, « produire plus de bois tout en préservant la biodiversité » est révolu. 

Le bois est une ressource renouvelable, à condition que les récoltes ne dépassent pas la capacité de régénération de la forêt. Les associations ont mis en évidence, que le​ taux de prélèvement de bois en forêts domaniales représente 96 % de leur accroissement biologique, sur les 3 derniers inventaires forestiers de l'IGN (2016-2022) : https://www.sauvegardeforets-idf.org/pour-une-gestion-equilibree-des-forets-domaniales

Ces prélèvements conduisent légitiment les associations à s'alarmer sur l'avenir des forêts publiques. L’écosystème pourrait ne pas être en mesure de se renouveler, risque aggravé par le changement climatique.



[2] Les forêts abritent une biodiversité riche et variée, mais leur existence est menacée par la dégradation de leur habitat. Diminuer la pression des coupes de bois permettrait de réduire la mécanisation lourde, de préserver la structure des sols et de laisser les arbres vieillir davantage avant d'être abattus.

Les coupes rases doivent relever seulement d'une décision de dernier recours, et être réduites au minimum incompressible. Les coupes rases par anticipation, dès lors que 20% des arbres sont qualifiés de vulnérables, sont à proscrire. Ce seuil qualifiant qu'une parcelle est sinistrée est trop bas.


La superficie forestière en Île-de-France, n'est pas un indicateur suffisant pour évaluer la bonne santé des forêts. Les forêts connaissent une baisse de croissance inquiétante. Ce qui compte, c'est le volume de bois vivant : plus une forêt vieillit, plus elle capte de carbone et favorise la biodiversité. Or, la forêt française est jeune : 80% des arbres ont moins de 100 ans.


Article L212-2 du Code forestier : 

Le document d'aménagement, établi conformément aux directives et schémas régionaux mentionnés à l'article L. 122-2, prend en compte les objectifs de gestion durable, notamment la contribution actuelle et potentielle de la forêt à l'équilibre des fonctions écologique, économique et sociale du territoire où elle se situe, ainsi que les caractéristiques des bassins d'approvisionnement des industries du bois.

Dans les forêts soumises à une forte fréquentation du public, la préservation et l'amélioration du cadre de vie des populations constituent une priorité. 

Il fixe l'assiette des coupes. 


L'arrêté d'aménagement peut, pour certaines zones, interdire ou soumettre à des conditions particulières les activités susceptibles de compromettre la réalisation des objectifs de l'aménagement.



[3] L’ONF s'est engagé à développer un réseau de protection forte au sein des forêts domaniales, soit 10% en ha cumulés d'ici 2025 (contrat ONF-État 2021-2025). Sur les 72 500 hectares des forêts domaniales, seulement 5,72% de leur surface est consacrée aux Réserves biologiques :



[4]  La valeur économique de la fonction récréative d’une forêt urbaine est sans doute l’une des plus étudiées. Elle peut ouvrir la voie à diverses questions ou initiatives tenant compte des préoccupations sociales et environnementales : accès à des espaces naturels en bon état de conservation, préservation de la biodiversité, maintien du patrimoine naturel, meilleure protection de la ressource en eau, et séquestration du carbone. Obtenir des financements en valorisant les services non marchands fournis par la forêt reviendrait à envisager une forme de compensation.

POUR ALLER PLUS LOIN ...

Plaidoyer pour Sauvegarder les forêts publiques d'Ile-de-France

La forêt publique est un patrimoine commun, nous devons la préserver. Ensemble, exigeons des mesures concrètes pour la sauvegarder. Ensemble, signons le plaidoyer !

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