Nos 10 mesures pour sauvegarder les forêts d’Île-de-France

Mars 2024


1. Privilégier la fonction sociale de la forêt et les attentes de la société au lieu de la production de bois. Les forêts urbaines fournissent des espaces récréatifs favorisant l’activité physique et réduisent le stress. Toutes les études évaluant la valeur des fonctions de la forêt, autres que la production de bois, aboutissent à des montants de l’ordre de 10 fois les revenus de celle-ci.

2. Créer pour les forêts publiques des instances de concertation indépendantes de l’ONF, où sont représentées les associations, les collectivités locales, et des experts scientifiques. Les membres de ces instances doivent avoir accès à l’intégralité des documents de gestion de ces forêts.

3. Privilégier une sylviculture axée sur la conservation de la biodiversité et la captation du carbone. Par exemple une sylviculture mélangée à couvert continu « naturelle » favorisant l’existence de sous étages dans la forêt et privilégiant l’obtention d’arbres de haute qualité et de gros diamètre, avec de fortes densités de bois, contrairement à la « futaie claire » adoptée actuellement par l’ONF. 

4. En suivant les directives FSC adoptées dans plusieurs pays d’Europe, limiter l’ensemble des chemins d’exploitation et de circulation de la forêt à un maximum de 10% de leur surface. Veillez à une intégration paysagère des chemins d’exploitation si ceux-ci s’avèrent nécessaires. Imposer des engins de débardage à faible pression sur les sols.

5. Supprimer en Île-de-France les aides à la mise en place des chaudières à biomasse forestière. Pour une même production d’énergie, la combustion du bois sec engendre deux fois plus de CO2 que la combustion du gaz naturel (CH4), sans compter les émissions de particules fines, très néfastes pour la santé, qui posent de véritables problèmes dans les régions fortement peuplées comme l’Île-de-France. Il faut donc limiter la combustion du bois, les résidus de scierie pouvant être avantageusement convertis en produits de construction à longue durée de vie.

6. Lutter contre l’enrésinement des forêts, en particulier dans le massif de Fontainebleau. Certaines directives incitent à raccourcir les cycles de vie de la forêt et planter des essences à croissance rapide, comme les résineux, afin de favoriser le stockage de carbone. Mais ce stockage est fonction de l’accroissement de la masse, et non du volume. Dans ce cas, les différences entre essences sont minimes. L’enrésinement favorise en revanche les incendies dont la fréquence augmente avec le réchauffement climatique.

7. Augmenter de manière significative les zones de libre évolution (RBI). Mettre en place des zones intermédiaires entre la libre évolution et la SMCC : zones sans objectifs économiques dans la récolte du bois. Préserver les peuplements de gros bois.

8. Stopper le grignotage des forêts en protégeant les lisières. Interdire la transformation des zones naturelles boisés en zones constructibles. Abroger les compensations permettant de détruire des zones boisées au profit de plantations en devenir.

9. Préserver et développer les corridors verts. Favoriser le reboisement des zones de déprise agricole et reconnecter entre elles les forêts fragmentées par des Couloirs de biodiversité.

10. Promouvoir l'importance d'un service public de la forêt (ONF) au service de la forêt, pour assurer sa protection et sa conservation à long terme, dans une gestion intégrée des eaux et des forêts pour avoir une gestion durable de cet écosystème complet.


Collectif Sauvegarde Forêts IDF


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