Le 18 septembre 2025 à 14h, Serge Geoffre, militant et amoureux du vivant, comparaitra devant le Tribunal correctionnel de Fontainebleau.
Ses « crimes » ?
- Avoir peint 300 ronds bleus sur des arbres à Fontainebleau pour signaler leur caractère remarquable.
- Avoir recouvert de peinture grise des flèches de couloirs d'exploitation pour pertuber les engins forestiers.
- Et, selon l’accusation, d’autres délits qu’il conteste : dégradation de barrières, d’un panneau de chantier, inscriptions critiques envers l'Office National des Forêts (ONF), marquage au marteau, et des tags.
Pour Serge Geoffre, il ne s'agit pas de vandalisme gratuit, mais d'un acte de sauvegarde du vivant face à une exploitation jugée excessive. Ses actions non violentes n'ont ni pour objectif de porter atteinte aux personnes, ni de détruire le matériel ou l’investissement des forestiers, mais de rendre visible son désaccord dans une action de contestation pacifiste et militante, partagée par de nombreux citoyens et associations qui dénoncent une gestion forestière trop intensive.
L’ONF et l’association Les Amis de la forêt de Fontainebleau ont porté plainte. Après trois années d’enquête (caméras, auditions, garde à vue, interrogatoire de 3h30), l’établissement public lui réclame 21 500 € de dommages et intérêts. Une somme qu’il considère disproportionnée.
Sa vidéo de janvier 2025, illustre de très grosses grumes coupées en forêt de Fontainebleau : > Voir la vidéo
Une pression qui dépasse le cas de Serge
Notre collectif ne cautionne pas la violence physique ni les insultes. Mais l'affaire Geoffre s'inscrit dans une dérive inquiétante : la multiplication de poursuites judiciaires ciblant des citoyennes et citoyens qui défendent l’environnement. Ces procédures-bâillon visent à intimider, faire peur, épuiser et réduire au silence celles et ceux qui s’opposent aux intérêts de la filière forêt-bois, des industriels, à des pratiques abusives, ou à des projets menaçant les écosystèmes et bafouant le droit environnemental.
Parmi les militants et militantes , nous pouvons citer :
Virginie Meurisse
Présidente de l'association Sauvons la Tournelle (Yvelines), membre de notre collectif, elle fait l'objet d'une plainte pour « harcèlement moral » déposée par l'entreprise Eurobois, qui l’accuse de nuire à l’image de l’entreprise, — après qu’elle a dénoncé puis obtenu la condamnation de cette même entreprise pour l’abattage illégal de 260 arbres à Septeuil, exportés en Chine.
👉 Le Courrier de Mantes 28/05/2025
Jean-François Hogne
Naturaliste et défenseur de la forêt de Mormal (Nord), perquisitionné et poursuivi, dont 30 heures d'interrogatoire, pour avoir dénoncé depuis dix ans, la surexploitation forestière et les plans de chasse de l’ONF.
Thomas Brail
Fondateur du GNSA et figure emblématique de la lutte contre l’autoroute A69, ce défenseur des arbres a déjà été poursuivi à plusieurs reprises. Depuis 2023, 130 militants ont été inquiétés, certains assignés à résidence, d’autres interdits de territoire. Lui-même a reçu des menaces de mort et a porté plainte.
Les Gardiennes de Lure
Retenues en cellule 24 heures pour avoir défendu une montagne classée réserve de biosphère par l'UNESCO contre un projet photovoltaïque industriel de l’entreprise Boralex.
👉 Lure en résistance 08/08/2025Et tant d'autres ...
Défendre la nature : un droit, pas un crime
La Charte de l’environnement, inscrite dans notre Constitution, nous rappelle que chacun a le droit de vivre dans un environnement sain (art. 1), le devoir de le préserver (art. 2) et de prévenir toute atteinte grave (art. 3).
C’est donc non seulement un droit mais un devoir civique d’alerter et d’agir. Les militants environnementaux devraient être protégés par la loi, non traînés devant les tribunaux, ou menacés.
Rendez-vous le 18 septembre 2025
Ce procès dépasse le cas de Serge Geoffre. Il pose une question essentielle : dans quelle société voulons-nous vivre ? Une société qui condamne ceux qui détruisent la nature, ou ceux qui la défendent ? Protéger un arbre ne devrait jamais valoir une condamnation.
Votre présence le 18 septembre serait un soutien fort pour Serge, ainsi qu'à tous les lanceurs d'alerte. Nous appelons donc à être nombreuses et nombreux le 18 septembre à 14h00 devant le tribunal de Fontainebleau, 159 Rue Grande, 77300.
Le procès a été reporté le 19 mars 2026, en raison d’un mouvement de grève et de l’impossibilité pour l’avocat de se présenter au tribunal.
👉 Actu 77 (23/09/2025) : https://actu.fr/ile-de-france/fontainebleau_77186/foret-de-fontainebleau-ces-faux-ronds-bleus-qui-ravivent-laffaire-des-eco-guerriers-30-ans-apres_63195040.html
Actu 77 (09/06/2021) :


Militants écologistes : quand protéger les arbres devient un délit