Dans le cadre d'une rencontre au Conseil régional d'Ile-de-France, en présence d'une vingtaine d’associations, Sauvegarde forêts IDF présente ses propositions pour les forêts publiques.
👉 Télécharger notre courrier adressé à la Région Ile-de-France :
Le 2 avril, nous avons rencontré Yann Wehrling, vice-président de la Région Ile-de-France, et ses collaborateurs, pour échanger sur les forêts publiques franciliennes. Un échange utile, qui a permis de poser un constat clair, largement partagé : nos forêts sont sous forte pression et leur gestion est de plus en plus contestée.
Intensification des coupes forestières, gestion de plus en plus orientée vers le bois-énergie, mécanisation lourde dégradant les sols et les milieux naturels, impacts du réchauffement climatique, recul de la biodiversité, fréquentation élevée, pression urbaine forte, attentes sociales, et manque de transparence sur un bien commun.
A l'issue de cette rencontre, la Région souhaite poursuivre le dialogue et a présenté sa feuille de route :
1. Définir les forêts concernées : forêts très fréquentées, urbaines/ périurbaines.
2. Faire évoluer la gestion forestière : plus de concertation et de transparence. Enjeux identifiés : dépérissement, gestion, rôle social.
3. Inscrire ce travail dans un temps plus long, en interpellant le législateur et les tutelles pour faire émerger une proposition législative.

Réunion au Conseil régional d'Ile-de-France le 2 avril 2026
Nos propositions
Dans le prolongement de notre Plaidoyer pour les forêts publiques d’Île-de-France, nous avons transmis à la Région un courrier, formulant des propositions pour faire évoluer leur gestion. Portée collectivement par plusieurs organisations, cette démarche s’inscrit dans une vision partagée : celle de forêts vivantes, résilientes et réellement protégées.
Nos priorités :
- Garantir la résilience des forêts face aux fragilités écologiques et au changement climatique, ainsi que la qualité des peuplements, notamment par une baisse des prélèvements. Aujourd’hui, de nombreux plans d’aménagement fixent des taux de prélèvement atteignant, voire dépassant, 100 % de la production biologique. Cette situation, en plus de fragiliser les écosystèmes, contribue à l’affaiblissement continu du bilan carbone forestier en France.
- Adopter une sylviculture écologique en privilégiant la biodiversité, le stockage de carbone, le rôle régulateur de la forêt, et en favorisant des forêts mélangées à couvert continu plutôt que la futaie claire actuellement pratiquée par l’ONF. Cela requiert la régénération naturelle, le maintien d’un couvert forestier continu et l’augmentation de la densité des arbres dans les parcelles.
- Réaffirmer le rôle du service public forestier au service de l’intérêt général, et sa priorité pour les fonctions sociales, sanitaires et environnementales des forêts domaniales, notamment urbaines et périurbaines. Très fréquentées, ces forêts sont essentielles pour la santé physique et mentale ainsi qu’à la qualité de vie des Franciliens. Les aménités qu’elles fournissent (air, eau, biodiversité, bien-être), dont la valeur excède largement celle du bois, doivent être pleinement reconnues et financées (collectivités, services de l’eau, etc.) au sein du budget de l’ONF. Cela implique de leur accorder un statut différencié, et d’appliquer le Code forestier (art. L.212-2) qui fait du cadre de vie un objectif prioritaire et fixe l’assiette des coupes.
- Renforcer les zones protégées : étendre les zones en libre évolution, les gros arbres morts (au sol et sur pied), les îlots de sénescence, protéger les zones humides forestières et leur biodiversité exceptionnelle ; et mieux répondre aux problèmes liés à la surfréquentation du public par un renforcement de la sensibilisation et des mesures de protection.
- Limiter autant que possible l’impact des travaux forestiers : restreindre, voire supprimer, les chemins d’exploitation à 10% de la surface des parcelles (contre 18 % à 25% actuellement), car ils cloisonnent et fragmentent les forêts. Utiliser des engins légers, traction animale ou câble-mat. Encadrer strictement les coupes rases, y compris sanitaires, en-deçà d’un seuil maximal.
- Créer de véritables instances de concertation indépendantes, associant citoyens, collectivités et experts, avec un accès complet aux documents de gestion : plans d’aménagements, prélèvements, accroissement, taux des repousses, dépérissements, inventaires écologiques, etc.).
- Supprimer en Île-de-France les aides au développement des chaudières à biomasse forestière : cette filière est trop émettrice de CO₂, de particules fines et de polluants atmosphériques, et inadaptée aux zones denses. Ses bénéfices climatiques, sanitaires et environnementaux sont aujourd’hui fortement discutés. Le temps nécessaire au renouvellement du bois prélevé est trop long au regard de l’urgence climatique. Par ailleurs, avec la disparition des industries de transformation en Île-de-France, le bois énergie domine, et la hiérarchie des usages du bois (bois d’œuvre > bois d’industrie > bois-énergie) n’est plus respectée.
- Freiner l’enrésinement, afin de réserver la diversité des essences et réduire les risques d’incendie.
Nous estimons qu’un audit indépendant des massifs forestiers permettrait d’établir un diagnostic objectif et partagé de leur état actuel, l’ONF se trouvant aujourd’hui dans une position de juge et partie.
Propositions soutenues par les fédérations, les associations et les collectifs :
- Sauvegarde Forêts IDF
- FNE Île-de-France, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne
- Les Amis du Bois de Verrières
- Chaville Environnement
- Collectif des Trois Pignons
- Collectif Aux Arbres Citoyens
- Collectif Forêt des Quatre Piliers
- Université Populaire de la Biosphère
- Sauvons la Tournelle
- Montfortois en Transition – Le MET
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